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UNE FORGE RENAÎT À CLEGUEREC

UNE FORGE RENAÎT À CLÉGUÉREC

 

Durant l’antiquité et le moyen-âge, les artisans qui connaissaient le travail des métaux étaient très sollicités. Ils étaient taillandiers, armuriers, métalliers, ferronniers, maréchaux-ferrants, …, ou forgerons.

Ils fixaient des fers aux sabots des animaux de trait (chevaux, bœufs, mules, ânes, …). Ils fournissaient des outils et toutes sortes de pièces métalliques aux maçons, tailleurs de pierres, charpentiers, et autres travailleurs qui œuvraient à l’édification des châteaux-forts ou des cathédrales. Ils maîtrisaient la mise en forme des pièces par la frappe à l’enclume et le durcissement des outils par la trempe.

Au XIXème siècle, ils étaient dans les villages de campagne, réparaient les machines agricoles, les charrettes, les outils et produisaient des grilles en fer forgé.

A Cléguérec, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ils étaient au nombre de 8, dans le bourg ou les villages de la commune. Il y avait Francois Le Goff, Joseph Jouanno, Joseph Le Botlan, Armand le Botlan, Jean Le Mouel et fils, Jean-Marie Le Guellaut, Joseph Le Goff (du Cosquer), Louis Péran, Marcel Cadoux.

 

 

 

 

 

Celle de François Le Goff, au bourg, a cessé son activité en 1978. L’atelier et la maison ont été achetés par la commune, en 2000, le matériel de forge a été démonté (soufflet, enclume, rouleuse pour fabriquer les roues de charrettes, étau, perceuse, forets…), inventorié par William Lamotte, photographié et mis en dépôt. Les noms en breton des objets ont même été indiqués dans l’inventaire.

Depuis 2018, la forge est remplacée par un parking.

Mais ce savoir-faire a tendance à disparaître devant la modernité, dans ce XXIème siècle où la main-d’œuvre trop chère est remplacée par des produits jetables, fabriqués à l’autre bout du monde par des ouvriers exploités. Autrefois, la logique était l’inverse d’actuellement:

La matière première coûtait cher à produire, la main-d’œuvre ne valait presque rien. De ce fait, tout objet et tout appareil était réparable, et était réparé. On ne jetait rien, tout était « recyclable », selon un slogan bien actuel. Étaient-ils précurseurs ?

Quelques passionnés (ou inconscients), avec l’appui de la municipalité et des services techniques, ont décidé de redonner vie à ces équipements en sommeil ; Depuis le début de l’année, Gilles, artisan serrurier ferronnier d’art en retraite, et Roland, artiste soudeur, animent une équipe de volontaires néophytes, dans le hangar situé en plein bourg de Cléguérec, face à la médiathèque.

Ils ont trié, classé, nettoyé, débloqué, dérouillé tous ces témoins du passé. Tout, ou presque, a trouvé une place et a recommencé à servir : un foyer a été réalisé, le soufflet lui envoie de l’air, les moteurs électriques bourdonnent (sans encombre après 40 ans de léthargie), le marteau-pilon frappe à un rythme frénétique, la meule et la perceuse mordent dans le métal et l’enclume chante à nouveau sous les coups du marteau. Un établi a été construit, la panoplie d’outils est exposée sur des panneaux disposés au dessus de l’établi.

Tous ces équipements sont maintenant opérationnels, mais ne seront pas mis à disposition des éventuels bricoleurs intéressés, car les conditions de sécurité prescrites de nos jours ne sont pas respectées.